Notre Alpha

Léo, Wendy et Cachou le savent: leur Alpha vivrait volontiers sur une île, seule avec ses chiens, pour autant qu'il y ait un lac, une forêt, des champs... et un ordinateur connecté à Internet.

Il y aurait alors sûrement encore d'autres animaux.

Hélas, afin de subvenir aux besoins de mes toutous, il faut des sous et pour avoir des sous, il faut travailler.
Auprès d'un employeur bien plus doué pour démotiver que pour motiver les employés, le gagne-pain s'est réduit à un mal nécessaire.
Il faut reconnaître néanmoins que la nouvelle Direction consent un effort sérieux afin de m'occuper intelligemment.

Je n'aime pas les endroits où il y a du monde, ne vais jamais au cinéma ni concert ni autre sortie, n'ai pas de TV, ne connaîs ni les chanteurs ni les acteurs ou films à la mode, ne connaîs rien à la mode du tout...
Aux yeux des autres, je suis bizarre, cinglée, pas normale, et j'en passe. Je le sais... et m'en fiche!

Consciente d'avoir été "mal programmée" par mon éducation, j'aurais pu suivre une thérapie. J'en ai pas voulu car... serais-je tellement mieux dans le monde des autres..?
Certes, être différent est équivalent à être rejeté, et c'est sans doute le plus difficile à vivre: être rejetée par les autres en permanence; jamais comprise.

Après avoir été salutiste, éducatrice, ouvrière en usine et travaillant finalement en tant qu'employée de commerce, je vis ma vie, sans ami(e) ni copin(e), sachant que rien ne vaudra la compagnie de mes chiens qui eux seuls peuvent tout comprendre.

Dolly, Dauphine, Birba, Léo, Wendy, Cachou: merci d'avoir été, merci d'être!

Quelques fois, on philosophe...

 



La reflexion d'un collègue, l'autre jour, m'a interpellée.
Concernant une remarque de mon côté il me répond: oui c'est un moyen d'être quelqu'un... Sous-entendu que dans son idée, je cherche avant tout à être quelqu'un?
Evidemment, je n'ai rien dit, puisque peu me chaut ce qu'il/on pense de moi. N'empêche.. s'il savait....
S'il savait combien de temps j'ai vécu en me détestant, combien de temps j'ai vécu au fond du trou...
Me sachant inutile, je m'en voulais d'occuper une place de travail alors que tant d'autres, qui eux sont utiles, sont au chômage, auraient donc besoin de ma place afin d'avoir de quoi vivre puisqu'eux sont utiles pour d'autres, comptent pour d'autres, sont aimés..
La logique aurait voulu que je me supprime, que je dégage le plancher, laissant la place.
Mais j'étais trop nulle même pour ça.. non seulement inutile mais de surcroît même pas capable de dégager..
Quelle haine, quel dégoût de moi-même...

Puis j'ai découvert une communauté virtuelle dans laquelle je pouvais être utile.
Puis j'ai pu reprendre la gestion d'un site.

Je devenais utile. Certes, si moi je ne le faisais pas, quelqu'un d'autre l'aurait fait. Mais on ne se pressait pas au portillon et je ne prenais donc pas la place à quelqu'un pour me rendre utile. Et je commençais à me reconnaître le droit d'exister...

Restera cependant toujours le reflexe: surtout ne pas déranger. Ne pas prendre du temps à autrui. Ne rien demander à personne.

C'est donc tout naturellement que je me tourne vers l'écriture. C'est un moyen d'expression. Je ne demande à personne de me lire. Celui ou celle qui vient par là et lit ceci à choisi de lire.. je ne lui ai pas pris du temps, l'autre en a pris volontairement pour lire ma prose. Nuance! Smile

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